Déco écoresponsable : comment consommer moins mais mieux ? | LLdeco
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Déco écoresponsable : comment consommer moins mais mieux ?

Deco ecoresponsable

Déco écoresponsable : comment consommer moins mais mieux ?

La société française change son rapport à l’environnement et prend conscience des problèmes auxquels elle doit faire face (pollution de l’air, de l’eau, des sols pour ne citer qu’eux). Le secteur du mobilier se sent de plus en plus concerné et veille à minimiser dans sa production, l’impact sur l’Homme et la nature. Les marques proposent progressivement des matériaux écolo, des objets écoconçus et des meubles fabriqués en France. Petit à petit, la déco écoresponsable tend à se démocratiser. Tout comme consommer local et durable est devenu un étendard. Favoriser l’économie circulaire en recyclant, réutilisant et réparant participe également à préserver la planète. Comment défendre ces valeurs dans la décoration ? Comment tenter de concilier style et éthique ? Comment se meubler avec bonne conscience ?

Depuis quelques années, nous faisons de plus en plus attention aux produits que nous consommons. Aussi bien l’alimentation, les produits ménagers que les cosmétiques. Nous essayons de trier nos déchets et privilégier le vélo à la voiture pour les petits déplacements. Les problèmes environnementaux sont un des enjeux majeurs de notre société. Davantage de marques favorisent des emballages recyclables et des circuits courts. D’ailleurs, la question que l’on se pose souvent avant d’acheter un produit est « d’où provient-il ? » et « comment a-t-il été fabriqué ? ».

Si jusque-là, le milieu de la décoration ne se sentait pas directement visé par ces questions éthiques, les choses changent. Et la démarche écoresponsable commence à pointer le bout de son nez dans ce domaine. Il existe même des décorateurs écologiques qui vous guident dans le choix de matériaux respectueux, notamment de la qualité de l’air intérieur. De nouvelles marques émergent, défendant des valeurs telles que la fabrication locale et la consommation durable. La décoration écoresponsable semble avoir un bel avenir devant elle. Mobilier durable, peintures écologiques et objets made in France : voici quelques pistes pour se meubler de manière plus éthique et saine.

La déco écoresponsable : une véritable prise de conscience

Bien plus qu’une tendance, il s’agit d’une véritable remise en question des codes de consommation. Si nous faisons attention à ce que nous mangeons, alors pourquoi ne pas être vigilant face aux objets qui nous entourent ? La décoration écoresponsable se définit sur plusieurs niveaux : tout d’abord, il s’agit d’une décoration écologique qui tient compte de l’impact environnemental avec des objets dits ‘naturels’. Ils sont fabriqués avec des matériaux locaux, qui contiennent le moins possible de produits nocifs : c’est le slow design. Cette démarche permet principalement de travailler sur la qualité de l’air intérieur (des produits sains, avec une teneur en Composés Organiques Volatils (COV) la plus faible possible). Dans un second temps, la fabrication et le transport sont des critères importants. Avec une production locale – voire européenne dans certains cas – afin de limiter les dépenses énergétiques et privilégier le savoir-faire Français. Enfin, le critère éthique et solidaire est pris en compte. Les règles du commerce équitable doivent être respectées avec une vigilance accrue concernant les conditions de travail, l’environnement et le prix d’achat.

Une démarche que toutes les marques ne prennent pas encore en compte, mais qui paraît déjà une évidence pour d’autres. LLdéco s’engage pour une fabrication locale et responsable. « On s’attache à avoir une traçabilité parfaite sur toute la chaîne de fabrication de nos fournisseurs, assure Elodie Lombard responsable de la boutique. Même si l’interlocuteur final est le confectionneur, on s’assure auprès de lui que toute la filière en amont est française : métissage, tissage, impression ou peinture. » La transparence est un atout fort de cette entreprise. Il est important que les clients sachent d’où proviennent leurs produits. Ils ont d’ailleurs créé il y a deux ans, un ‘référentiel durable’ qui les contraint dans leur cahier des charges avec les fournisseurs et les fabricants, sur des normes environnementales : « Nous prenons des orientations comme celles-ci, assez fortes, qui sont contraignantes, mais dont nous sommes fières ».

Les limites de la décoration écoresponsable

La décoration écoresponsable est sujette à beaucoup de contraintes. Pour commencer, il y a certains points d’activités que l’on n’arrive pas à rapatrier en France. C’est le cas du linge de bain : il n’existe plus de filière dans l’hexagone.La marque LLdeco fait en sorte de faire revenir certains savoir-faire mais malheureusement cela n’est pas encore possible à 100% : « 85% de notre offre est en fabrication française. Tout ce qui est grand import n’est pas dans notre positionnement, donc on travaille majoritairement en Europe ». Pour obtenir une décoration écoresponsable, il y a un certain nombre de cases à cocher ; très rares sont les meubles qui les valident toutes.

Non seulement il est difficile de se fournir entièrement en France, mais même si on le voulait, cela reviendrait extrêmement cher. Le plus simple reste donc de se fournir en Europe et de faire certains compromis : « Il vaut mieux acheter un meuble fabriquer loin mais avec des matériaux naturels, produits de manière équitable ou artisanale, qu’un meuble fabriqué en France dans une usine qui n’a pas un bilan carbone très bon », analyse Patricia François, décoratrice écoresponsable.

Démarche écoresponsable : les décorateurs s’y mettent

C’est le cas d’Elodie Lombard qui est aussi décoratrice d’intérieur est spécialisée dans la décoration écologique.  La décoratrice d’intérieur a pu constater les limites de cette démarche : le client sensible aux questions écologiques a fait appel à ses services dans le but de réaménager un appartement ancien du type Haussmannien. Le parquet en bois d’origine du salon a été conservé ; même si compte tenu du réaménagement – une partie de la cuisine devenait le salon -, il était nécessaire de dénicher une continuité de plancher dans un magasin de récupération de matériaux. Aussi, le client a souhaité avoir recours à un ébéniste pour la fabrication d’une table avec un tronc d’arbre incrusté.

Mais la décoration écoresponsable a trouvé ses limites dans la cuisine moderne qui contraste avec le reste de la décoration : « A part réaliser une cuisine sur mesure tout en bois par un menuisier – qui reviendrait très chère -, il est quasi impossible de trouver une véritable démarche écologique dans l’univers de la cuisine ». En effet, certains cuisinistes produisent localement mais utilisent des caissons en bois lamellé-collé ; et non en bois massif, plus coûteux.

Une décoration écoresponsable s’adapte à tous les styles. Si on a tendance à l’associer à des intérieurs plutôt rustiques, il demeure difficile de reconnaître instantanément un aménagement responsable d’un classique. « Des matériaux naturels comme le bois ou la pierre peuvent être utilisés, mais distinguer un lino d’un PVC n’est pas forcément évident d’un simple coup d’oeil. On va pouvoir créer n’importe quel style dans une démarche écologique. Bien noter que la déco écoresponsable est une démarche, pas un style. Lorsque l’on va chiner des meubles, ils peuvent avoir un côté classique, chic… on ne peut donc pas le reconnaître à l’oeil nu. »

Une déco écoresponsable dans mon intérieur

Tout d’abord, il faut prendre en compte les surfaces les plus importantes de la maison : à savoir les sols, les murs et les plafonds. Bien choisir son papier peint non toxique, sa peinture écologique et sans COV, et ses matériaux naturels est fondamental pour la qualité de l’air intérieur.

Par exemple, la marque Algo propose de la peinture naturelle fabriquée à base d’algues en Bretagne. La marque Gassien propose, quant à elle, des étagères murales modulables qui utilisent peu de matière hormis du bois issu de forêts écogérées. Il existe également du papier peint fabriqué avec une forte proportion de papier recyclé (de préférence enduire le papier avec un colle écologique d’origine végétale). Pour une décoration vegan – et donc respectueuse des animaux, produite sans matière animale -, la marque normande Shandor fabrique des affiches, des tentures murales et des coussins avec du tissu recyclé et des encres végétales.

Du côté des matériaux écolo, on mise sur le bois massif (et non le bois collé ou contrecollé), le liège, le bambou, l’ardoise, le plastique recyclé ou encore le Krion®. Les finitions sont à surveiller, notamment le vernis utilisé. Il est aussi important d’avoir des tissus sans polyester, de bannir tous les produits synthétiques et avec la présence de COV. Comme alternative végétale au cuir ou aux synthétiques issus du pétrole, il est possible de se pencher vers le Piñatex.

Le prix d’une décoration écoresponsable

De manière générale, la décoration écoresponsable semble plus coûteuse qu’une décoration classique. En effet, l’utilisation de matériaux naturels ou certifiés est plus chère. Mais il est important de prendre en considération la rentabilité dans le temps. Prenons l’exemple de la peinture écologique : le prix au litre est plus onéreux, il faut compter en moyenne 20% de plus que pour une peinture classique, en revanche la peinture est plus couvrante, donc elle nécessite moins de couches. La déco écoresponsable utilise des produits de qualité et donc durables. Certes le coût d’achat est peut-être plus élevé, mais la durée de vie est prolongée, et le produit revient moins cher, lissé sur 10, 20 ou 30 ans.

 

Il est aussi possible de se tourner vers des objets de seconde main. Il existe des sites de ventes entre particuliers, des brocantes voire des vide-greniers, où dénicher des objets ou des meubles anciens qui n’attentent qu’à retrouver une nouvelle jeunesse. Cette économie circulaire participent à créer une décoration durable. Bon à savoir : le vieux mobilier est moins nocif, les gaz volatils se dispersent avec le temps.